La centrale à béton tourne à plein régime, les coffrages sont prêts et le finisseur avance mètre par mètre sur le tracé. À Versailles, chaque coulage de dalle en béton de ciment doit composer avec un sous-sol qui varie brutalement d’une rue à l’autre : des marnes et calcaires du Lutétien affleurant sur le plateau jusqu’aux limons argileux accumulés dans le fond de la vallée de la Bièvre, sans oublier les remblais historiques laissés par les aménagements du château. Avant de positionner les goujons ou de définir l’épaisseur du béton, nous croisons toujours les données de granulométrie avec les résultats d’un essai CBR routier pour caler la portance de la plateforme support. À Versailles, quand la nappe perchée remonte en hiver dans les formations de Saint-Ouen, le risque de pompage sous trafic lourd est réel, et le dimensionnement d’une chaussée rigide commence par cette lecture fine du terrain.
Un bon goujon mal positionné dans une dalle fissure plus vite qu’une fondation sous-dimensionnée : la précision des joints gouverne la durée de vie.



